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Justice

Beni : le tribunal militaire condamne à mort trois officiers des FARDC pour désertion

Le tribunal militaire de garnison de Beni, au Nord-Kivu, a condamné à mort deux lieutenants et un capitaine des FARDC le vendredi 10 juillet, pour désertion simple et violation de consignes en période d'état de siège. La condamnation n'est pas définitive.

Par Rédacteur en chef · Rédacteur en chef

· Mis à jour le · 3 min de lecture

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Deux militaires des FARDC en tenue de camouflage montent la garde, arme à la main, devant un bâtiment administratif de la ville de Beni, au Nord-Kivu.
Des militaires des FARDC montent la garde devant la mairie de Beni, au Nord-Kivu. Photo d'archives, décembre 2015.© Abel Kavanagh / MONUSCO Photos, via Wikimedia Commons (CC BY-SA 2.0)

Le tribunal militaire de garnison de Beni, au Nord-Kivu, a prononcé la peine de mort contre deux lieutenants et un capitaine des Forces armées de la République démocratique du Congo. Le verdict a été rendu le vendredi 10 juillet 2026 au soir et rapporté deux jours plus tard. Les trois officiers ont été condamnés pour désertion simple et violation de consignes en période d'état de siège. Ils disposent de cinq jours pour interjeter appel.

Une procédure ouverte le mardi, close le vendredi soir

Le dossier a été jugé selon la procédure de flagrance. L'audience s'est ouverte le mardi et la cause a été close le vendredi soir, dans la même semaine. Le tribunal a donc statué en quelques jours sur des faits passibles de la peine capitale.

Selon le tribunal, les trois officiers avaient été recrutés par un homme se présentant comme coordonnateur du Comité national des patriotes, une structure qui prétendait regrouper les groupes wazalendo du pays. Cette version est celle retenue par la juridiction. Elle n'a pas été confirmée par une source indépendante du tribunal.

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Vingt ans de prison pour deux hommes se présentant comme commandants wazalendo

Dans le même dossier, deux hommes se présentant comme commandants wazalendo ont été condamnés à 20 ans de prison pour recrutement illégal de militaires et propagation de faux bruits. Le tribunal a retenu qu'ils avaient mis en place, dans le quartier Malepe à Beni, un réseau clandestin de recrutement de civils et de militaires, en utilisant sans autorisation officielle le nom de la Réserve armée de la défense.

Un moratoire levé depuis mars 2024

La portée de ces condamnations tient au cadre légal en vigueur. La RDC a levé le 13 mars 2024 le moratoire sur les exécutions, appliqué depuis 2003. Cette levée met fin à une suspension des exécutions qui aura duré vingt et un ans.

La décision de Beni s'inscrit dans ce cadre. Ce qu'il advient concrètement des peines capitales prononcées depuis mars 2024 n'est pas documenté publiquement. La question de la mise à exécution des sentences reste, à ce jour, sans réponse publique.

Ce qui n'est pas établi

Les noms des trois officiers condamnés n'ont pas été publiés. On ignore s'ils ont exercé leur voie de recours dans le délai de cinq jours. La condamnation n'est pas définitive tant que cette voie n'est pas épuisée, et les trois officiers demeurent présumés innocents jusqu'à ce terme. L'existence réelle et la nature du Comité national des patriotes ne sont pas établies par une source extérieure au tribunal.

Huit jours après le verdict, le délai de cinq jours ouvert aux condamnés est écoulé et l'on ne sait toujours pas si les trois officiers ont interjeté appel. Tant que cette information n'est pas connue, la décision de Beni reste une condamnation de premier degré, prononcée en quatre jours, dans un pays qui a rouvert la possibilité d'exécuter ses condamnés sans que l'on sache s'il l'a fait.

Sources : Radio Okapi, Nouveau Média, Congo Press et Sasa Studio.

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