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Justice

Détenus : l'échange promis à Montreux par Kinshasa et l'AFC/M23 n'a toujours pas commencé

Le 17 avril 2026 à Montreux, Kinshasa et l'AFC/M23 s'engageaient à libérer 477 détenus en dix jours, avec l'appui du CICR. Trois mois plus tard, au 16 juillet, aucun échange n'a eu lieu. Radio Okapi recense quatre obstacles. Les listes de détenus n'ont pas été rendues publiques.

Par Rédacteur en chef · Rédacteur en chef

· Mis à jour le · 3 min de lecture

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Une agente des droits de l'homme de la MONUSCO, sac à dos sur l'épaule, tend le bras et serre la main d'un détenu dont on ne voit que le bras et le poing sortant d'une ouverture dans le mur en planches de bois d'un lieu de détention.
Une agente des droits de l'homme de la MONUSCO serre la main d'un détenu, lors d'une mission d'enquête sur un cas de détention arbitraire à Karuba, territoire de Masisi, dans le Nord-Kivu. Photo d'archives.© Sylvain Liechti / MONUSCO, CC BY-SA 2.0, via Wikimedia Commons

Le protocole d'accord signé le 17 avril 2026 à Montreux, en Suisse, prévoyait la libération de 477 détenus dans un délai de dix jours. Trois mois plus tard, au 16 juillet 2026, aucun de ces prisonniers n'a été échangé entre le gouvernement congolais et la rébellion AFC/M23. Le délai fixé par le texte a expiré à la fin du mois d'avril.

Dix jours de délai, trois mois d'attente

Le 17 avril 2026, les deux parties ont signé à Montreux un protocole d'accord portant sur la libération de prisonniers. C'est dans cette ville suisse que le processus de Doha a été relocalisé. Le texte fixait un délai de dix jours et désignait le Comité international de la Croix-Rouge pour faciliter l'échange.

La répartition était arrêtée. Le gouvernement congolais devait libérer 311 détenus réclamés par l'AFC/M23. La rébellion devait libérer de son côté 166 détenus liés au gouvernement. Aucun de ces deux mouvements n'a été enregistré.

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Quatre obstacles recensés par Radio Okapi

Radio Okapi identifie quatre séries d'obstacles. Le premier tient à l'identification des centres de détention et à la localisation de toutes les personnes concernées. Le deuxième porte sur la validation des listes de détenus, une opération sensible qui met en jeu des considérations politiques des deux côtés.

Le troisième obstacle est judiciaire : certains prisonniers sont jugés stratégiquement importants par Kinshasa. Le quatrième est sécuritaire et sanitaire. Les itinéraires de transfert traversent des zones non sécurisées et des régions touchées par Ebola.

Des observateurs, dont les noms ne sont pas précisés, avancent un autre facteur : l'absence de volonté politique des deux parties. Cette lecture n'est confirmée ni par le gouvernement congolais ni par l'AFC/M23.

Ce qui n'est pas établi

Les listes nominatives des 311 et des 166 détenus n'ont pas été rendues publiques. Leur statut juridique n'est pas davantage connu : détenus de guerre, condamnés, prévenus ou personnes détenues sans titre. Le nombre de personnes encore concernées à ce jour n'est pas établi.

Le CICR n'a pas communiqué publiquement sur l'état de sa mission de facilitation. Ni le gouvernement congolais ni l'AFC/M23 n'ont donné de version officielle expliquant le blocage. L'attribution de la responsabilité de cet échec reste, à ce stade, une lecture d'observateurs et non un fait établi.

Un délai expiré depuis la fin avril

Les listes n'ayant pas été rendues publiques, aucun document accessible ne permet de vérifier si le nom d'un proche figure parmi les 477 personnes concernées. Le protocole confiait au CICR la facilitation de l'échange, mais l'institution n'a pas rendu compte de l'avancement de cette mission.

Le délai de dix jours fixé le 17 avril a expiré à la fin du mois d'avril 2026. Au 16 juillet, ni Kinshasa ni l'AFC/M23 n'avaient expliqué publiquement pourquoi il n'a pas été tenu.

Sources : Radio Okapi, Reporter.cd, Human Rights Watch et MediaCongo.

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