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Culture

Suminwa écrit à De Wever pour réclamer les restes humains congolais conservés en Belgique

La Première ministre Judith Suminwa Tuluka a écrit le 19 juin 2026 à son homologue belge Bart De Wever pour réclamer les restes humains emportés pendant la colonisation. Plus de 500 spécimens sont répertoriés dans des institutions belges. Bruxelles n'a pas répondu publiquement.

Par Rédacteur en chef · Rédacteur en chef

· Mis à jour le · 3 min de lecture

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La Première ministre congolaise Judith Suminwa, à droite, serre la main de la commissaire européenne Jutta Urpilainen dans un salon de l'ambassade de la RDC à Bruxelles. Le drapeau congolais est visible à l'arrière-plan.
Photo d'archives : la Première ministre congolaise Judith Suminwa, à droite, à l'ambassade de la RDC à Bruxelles, le 21 octobre 2024, lors d'une rencontre avec la commissaire européenne Jutta Urpilainen.© Jennifer Jacquemart / Union européenne, 2024 / Service audiovisuel de la Commission européenne, via Wikimedia Commons (CC BY 4.0)

La lettre est partie de Kinshasa le 19 juin 2026. Son existence a été rendue publique les 22 et 23 juin. La Première ministre Judith Suminwa Tuluka y demande à son homologue belge Bart De Wever la restitution des restes humains emportés pendant la période coloniale. Plus de 500 spécimens humains sont répertoriés dans des institutions belges.

Une demande adressée de chef de gouvernement à chef de gouvernement

La démarche est officielle et écrite. Elle ne passe pas par les musées ni par les administrations culturelles, mais directement par le sommet de l'exécutif congolais. Dans sa lettre, Judith Suminwa Tuluka écrit que ces morts « doivent reposer dignement dans leur terre d'origine et ne peuvent être considérés comme des objets de collection ».

Les restes concernés ne sont pas tous congolais. Les plus de 500 spécimens répertoriés dans les institutions belges sont majoritairement d'origine congolaise, mais l'ensemble comprend aussi des restes rwandais et burundais. Le Muséum des sciences naturelles de Bruxelles figure parmi les établissements concernés.

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Une exposition de 260 crânes à l'origine du dossier

L'élément déclencheur remonte à novembre 2025. Le Muséum royal des sciences naturelles de Bruxelles organise alors une exposition au cours de laquelle 260 crânes congolais sont présentés au public. La demande congolaise suit sept mois plus tard.

En Belgique, la question ne vient pas seulement de Kinshasa. Un groupe d'experts mandaté par le Parlement belge a recommandé le rapatriement de tous les restes humains historiques directement liés à la période coloniale. La recommandation existe, mais elle n'a pas force de loi.

La ministre belge Vanessa Matz se dit favorable à la restitution. Elle demande cependant qu'un cadre légal soit établi au préalable. Un projet de loi est en préparation et attendu au gouvernement à l'automne 2026.

À ce stade, ni Bart De Wever ni le gouvernement belge n'ont apporté de réponse officielle et publique à la lettre du 19 juin. Aucune position formelle de Bruxelles sur cette demande précise n'est documentée à ce jour.

Des restes en grande partie non identifiés

Le chiffre de « plus de 500 » recouvre une réalité mal documentée. L'origine précise et l'identification de ces restes demeurent en grande partie inconnues. Le Musée royal de l'Afrique centrale évoque, pour sa part, environ 500 restes humains « d'origine inconnue ».

Trois questions restent entières. Le calendrier d'une éventuelle restitution n'est pas arrêté. Son périmètre exact non plus. Et le sort réservé aux restes qui ne pourront jamais être identifiés n'a fait l'objet d'aucune décision connue.

Ce que cela change, vu de Kinshasa

Rien n'a encore bougé sur le plan matériel. La lettre du 19 juin est une demande, pas un accord. Aucun reste n'a quitté la Belgique, aucune date n'a été fixée, aucun texte n'a été voté. Le lecteur qui attend un retour concret doit surveiller un rendez-vous précis : le passage du projet de loi belge devant le gouvernement, annoncé pour l'automne 2026.

Ce dossier engage aussi une question que la RDC devra trancher chez elle. Si des restes reviennent, il faudra dire où ils reposeront, qui en assurera la garde et selon quels rites. Sur ce point, les données disponibles ne fournissent aucune indication. Pour l'instant, le débat se joue à Bruxelles, sur des corps congolais.

Sources : Paris Match Belgique, AllAfrica, Africa Presse et la page restitution du Musée royal de l'Afrique centrale.

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