Économie
La Banque centrale du Congo baisse son taux directeur à 12,5 % pendant que l'inflation remonte
Le Comité de politique monétaire de la Banque centrale du Congo a ramené vendredi 17 juillet, à Kinshasa, son taux directeur de 13,5 % à 12,5 %. La décision intervient alors que l'inflation annuelle est remontée à 2,9 % et que la hausse cumulée des prix atteint 4,8 % à fin juin.
Par Rédacteur en chef · Rédacteur en chef
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La Banque centrale du Congo a abaissé son principal taux d'intérêt. Réuni en session ordinaire le vendredi 17 juillet 2026, son Comité de politique monétaire a décidé de ramener le taux directeur de 13,5 % à 12,5 %, soit une baisse de 100 points de base. Ce taux est celui auquel l'institut d'émission prête aux banques commerciales. Il sert de référence au reste du système financier.
Cent points de base en moins, et un guichet d'urgence moins cher
La décision ne porte pas seulement sur le taux directeur. Le taux de la facilité de prêt marginal, celui que paie une banque qui vient se refinancer en dernier recours auprès de la BCC, passe lui aussi de 17,5 % à 16,5 %. La baisse est donc uniforme sur les deux instruments.
Les coefficients de réserve obligatoire, eux, ne bougent pas. Ils restent fixés à 10,5 % sur les dépôts à vue en monnaie nationale, à 0 % sur les dépôts à terme en francs congolais, à 11,5 % sur les dépôts à vue en devises et à 10,5 % sur les dépôts à terme en devises. Autrement dit, la part des dépôts que les banques doivent immobiliser chez la BCC demeure inchangée.
Pour justifier sa décision, la Banque centrale indique qu'elle permet de maintenir des taux d'intérêt réels positifs tout en soutenant les conditions de financement de l'économie. Le raisonnement se lit dans les chiffres : à 12,5 %, le taux directeur reste très au-dessus de la hausse des prix mesurée en rythme annuel.
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L'inflation, elle, est repartie à la hausse
C'est le paradoxe apparent de cette séance. L'inflation annuelle est remontée à 2,9 %, contre 2,2 % lors du précédent pointage. En cumulé, la hausse des prix atteint 4,8 % à fin juin, alors qu'elle s'établissait à 2,3 % à fin mars. Le rythme s'est donc accéléré au deuxième trimestre.
La BCC attribue cette accélération à trois facteurs : le renchérissement des carburants, l'augmentation des coûts logistiques à l'importation et les anticipations des opérateurs économiques. Les deux premiers pèsent directement sur le panier de Kinshasa, où l'essentiel des biens de consommation courante arrive par la route, le fleuve ou le port de Matadi. Le troisième relève du comportement des commerçants, qui ajustent leurs prix par avance.
Une nouvelle maturité de 252 jours pour les Bons BCC
Le Comité a également introduit une nouvelle maturité de 252 jours pour les Bons BCC, ces titres que la Banque centrale émet à destination des banques. L'objectif affiché est de renforcer la gestion de la liquidité bancaire. Concrètement, un instrument à échéance plus longue permet d'immobiliser plus durablement les francs congolais qui circulent dans le système, et donc de compenser en partie l'assouplissement décidé sur les taux.
Ce que cette baisse ne garantit pas
Un point doit être dit clairement : rien n'établit que cette baisse se traduira par un crédit moins cher pour les ménages et les petites entreprises de Kinshasa. La transmission de la politique monétaire aux taux effectivement pratiqués par les banques commerciales reste faible en République démocratique du Congo. Un ménage qui négocie un prêt, un commerçant de Gombe ou de Limete qui cherche un découvert, ne verront pas mécaniquement leurs conditions s'améliorer de 100 points de base.
Le geste de la BCC est d'abord un signal adressé au secteur bancaire. Sa portée réelle sur le coût du crédit dépendra de la façon dont les banques répercuteront, ou non, cette détente. Aucune donnée disponible à ce jour ne permet de l'anticiper.
Reste la question que pose cette séance : la Banque centrale a assoupli sa position au moment précis où les prix accéléraient. Elle assume ce choix en faisant valoir que l'écart entre son taux et l'inflation demeure large. Les prochains relevés de l'inflation, et le prochain Comité de politique monétaire, diront si ce pari tient.
Sources : Financial Afrik, Reporter.cd et le site de la Banque centrale du Congo.
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